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Guinée : ASTI–IRAG Fiche d’information

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Autres langues :
English version

Auteurs :
Léa Vicky Magne Domgho, Famoï Béavogui, Sékou Diawara et Gert-Jan Stads

Année :
2017

Publié par :
Institut international de recherches sur les politiques et Institut de recherche agronomique de Guinée

Catégorie de publication

Afrique au sud du Sahara

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Guinée

Reprise des dépenses

De 2000 à 2010 les dépenses de recherche agricole ont connu une baisse de 80% — tendance négative de longue durée à la quelle une infusion de fonds publics mit fin en 2011, en rendant possible la relance d’efforts de formation et de réhabilitation d’infrastructures de recherche trop longtemps négligées. Or, cette reprise ne suffit pas pour annuler le sous-investissement dans la recherche agricole: en 2014, la Guinée ne consacra que 0,30% de son PIBA à la recherche agricole, taux bien inférieur à la cible de 1% recommandée par l’Union africaine et les Nations Unies.

Plus grand appui de l’État

De 2000 à 2010, la coopération au développement (notamment la France) assurait plus de 70% du budget de l’IRAG. L’instabilité politique en Guinée ayant entraîné un gel de cette aide, le gouvernement fut contraint, en 2009, d’accroître ses contributions à l’IRAG. La subvention d’État, qui demeura la principale source de financement de 2011 à 2014, permit au pays de gérer son programme de recherche avec plus d’autonomie. Depuis 2012, moyennant l’octroi d’un prêt japonais de 9 millions de dollars ÉU, le PPAAO/WAAPP a pu renforcer la capacité guinéenne de recherche sur le riz.

Un personnel vieillissant

En Afrique, le corps des chercheurs agricoles guinéens est le plus âgé de tous: 94% des titulaires PhD ont passé le cap des 50 ans et d’ici peu une vague de départs à la retraite entraînera de lourdes pertes de capacité. Fort d’un appui substantiel de son gouvernement et de la France, l’IRAG a pu offrir des études de 2ème cycle dans divers domaines disciplinaires à de nombreux chercheurs et techniciens licenciés. Le master en poche, bon nombre de ceux-ci s’inscriront en doctorat dans un proche avenir, selon les stipulations du nouveau plan stratégique de l’IRAG.

Capacité d’innovation limitée

Aucune nouvelle variété végétale n’est issue de l’IRAG entre 2011 et 2014 et ses scientifiques publient à peine dans des revues internationales. La médiocrité de sa capacité d’innovation est préoccupante et amène à s’interroger sur l’efficacité de la recherche agricole nationale. La faible législation nationale en matière de droits de propriété intellectuelle fait également obstacle à l’innovation. La Guinée est un des nombreux pays ouest-africains qui ont du mal à concilier les droits de propriété intellectuelle avec les droits des agriculteurs et d’autres intérêts locaux.